Quatorze

Juillet 1940 : retour au Portugal

Fin juin, les autorités allemandes et espagnoles félicitent Salazar pour sa décision de maintien de l'ordre et pour avoir mis un terme aux agissements de son consul général à Bordeaux.

Salazar ordonne l'ouverture d'une procédure disciplinaire contre Aristides de Sousa Mendes quatre jours avant son retour au Portugal, le 4 juillet 1940. Ce même jour, il informe les autorités anglaises qu'il a mis fin aux dysfonctionnements qui se sont produits à Bordeaux et à Bayonne et que le consul a été relevé de ses fonctions.

Dès son arrivée à Lisbonne, Aristides demande une audience à Salazar, président du Conseil portugais et ministre des Affaires étrangères, afin de lui expliquer le sens de son action et ses motivations. Cette requête restera sans réponse.

Haïm Kruger et Aristides
Le rabbin Haïm Kruger et Aristides de Sousa Mendes au Portugal en 1940 ou 1941. ©Famille de Sousa Mendes
 

Angélina et Aristides à Cabanas

Ils rentrent alors à Cabanas de Viriato heureux de retrouver sa famille, ses amis, mais également les réfugiés et leurs familles à qui ils avaient proposé l'hospitalité.
Ils y retrouvent M. Klein, un grand négociant en diamants d'Anvers, Paul Van-Zeeland, ancien premier ministre belge, Marcel-Henri Jaspar, ministre belge de la Santé publique, Albert de Vleeschauwer, ancien ministre belge des Colonies et administrateur général du Congo avec son épouse et leurs cinq enfants, des membres de la famille royale de Belgique, tout comme des réfugiés plus modestes. La vie reprend son cours, même si Angelina est épuisée et Aristides, préoccupé par son avenir.

Les Juifs louèrent la générosité de Salazar.

Ils ignoraient la désobéissance d’Aristides et le sort qui lui était réservé.
Malgré l'admiration que Salazar portait aux fascistes, il redoutait la menace anglaise. Il n'organisa pas la chasse aux Juifs dans son pays.
Dans l'indifférence générale, Aristides de Sousa Mendes est traduit devant le Conseil de discipline à Lisbonne, accusé de désobéissance, préméditation, récidive et cumul d'infractions. Le procès retient contre Aristides la délivrance de visas non autorisés, la falsification de passeports mais aussi et surtout d'avoir créé « une situation déshonorante pour le Portugal face aux autorités espagnoles et allemandes » .

Le 30 octobre, le verdict politique de Salazar tombe : Aristides de Sousa Mendes est rayé de la carrière diplomatique, son traitement est réduit de moitié et ses appointements au quart sans les indemnités habituelles, avec l'incapacité professionnelle de diriger un consulat.

Du bonheur passé il ne reste plus que quelques photos et de nombreux souvenirs heureux. Le consul proscrit, aidé de son frère César et de quelques amis, va tenter jusqu'au bout d'obtenir une révision de son procès. Mais le dossier est classé « secret d'État », suivi personnellement par le président du Conseil, Salazar, et sa rancune.
Quant au bonheur présent il a Marie-Rose, née en novembre 1940 à la maternité de Lisbonne, fruit de son amour pour Andrée Cibial qui deviendra sa seconde épouse après la mort d’Angelina.

Aristides avait raison

La guerre qui fait toujours rage et les nouvelles de toute l'Europe ne peuvent que conforter Aristides de Sousa Mendes dans ses choix, mais il doit subvenir aux besoins de sa famille.


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